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Des fleurs, des spaghetti au soleil et des salades…

Nous sommes arrivés hier soir.

Sur la route j’ai salué mon arbre préféré et à peine arrivée, j’ai laissé les enfants courir dans leur maison pour aller retrouver notre jardin.


Quatre ans que je les regarde pousser ces herbes hautes, ces haies, ces arbres par nous plantés et ceux qui existent depuis presque l’éternité.


J’ai appris chaque recoin de ces six mille mètres carrés. Je m’y suis assise et  couchée à toutes les heures de la journée. Pendant quatre années, hiver comme été. Pour savoir quoi y planter, pour ne pas trop bousculer cette nature à peine domptée. Pour La rencontrer.


Cet hiver, j’ai guetté les petites charmilles rescapées d’un été trop chaud. Deux ans que je les veillais et certaines sont revenues à elles, je crois bien avoir dansé un peu chaussées de mes bottes toutes crottées.

Je trépignais aussi de voir éclore enfin cette corbeille dorée semée il y a deux automnes. Et elle m’attendait, dans la splendeur du soir … 
Et puis je retrouve, chaque fois, les vieux papis de notre propriété comme les gardiens de secrets. L’un, notre poirier cabossé, tordu par la foudre, est robuste et espiègle. L’autre, vénérable châtaignier, souffre d’un mal qui finira par l’emporter. Je pose sur leurs vieilles écorces mes mains un peu ridées et ensemble on se raconte l’amour et on se dit merci.


Aujourd’hui, les boys et moi n’avons fait que ça, nous promener chez nous, saluer nos arbres, nos fleurs et manger des spaghetti… au soleil. 

Et au milieu de ces instants parfaits, nos petites salades de février. Plantées alors que l’on préparait  la terre en lui faisant des couvertures de sciure, tonte et fumier. Elles étaient là, fière comme des bar-tabacs dans la lumière d’en bas. Nous, nous les avions complètement oubliées. Et moi j’ai pleuré,  comme la quiche qui demain les accompagnera. 

#23 Un samedi en avril 


Depuis que nous avons décidé de vendre notre maison, nous réalisons à quel point vivre entre Lyon et la Bourgogne était épuisant.

Cette ville que j’aime tant, cet appartement depuis deux ans, nous n’avions rien investi vraiment.

Alors, ce matin, nous sommes partis à la découverte d’un atelier lyonnais pour y fabriquer nous-mêmes nos jolis projets. 

Des étoiles plein les yeux quand nous en sommes partis, c’était le bon jour pour apprivoiser un autre quartier.

Je me suis souvenue d’un dîner il y a quelques années, dans mon Paris chéri, durant lequel on m’avait raconté le fabuleux projet du Parc Blandan. 

Nous l’avons découvert sous un soleil d’été. Il y avait des enfants, des parents, des Amoureux, des musiciens, des chiens, des vélos, des long board, des jeux, de l’eau, des arbres, de la pierre et du bois. On reviendra.

#22 Ce jour-là

En décembre, le vie est belle toujours. Parce que j’y trouve le sentiment d’amour le plus fort en dehors de notre petit cocon de famille et d’amis. Parce que j’aime les musiques qui dégoulinent de mièvrerie, le pain d’épices au chocolat le matin avec un thé qui sent la cannelle, les décorations partout; j’aime m’endormir en pensant aux sourires que vont faire naître les cadeaux, ceux de l’Avent, ceux de la Saint Nicolas, ceux du réveillon. J’aime.

En décembre, la vie est belle toujours. Sauf il y a sept ans. Parce que nous nous sommes réveillés avec une gueule de bois de douleur, une de celle qui s’installe dans nos cœurs et qui semblent ne vouloir jamais partir. Parce que nous avons du choisir de porter un bébé à son terme pour le regarder mourir ou de le laisser partir. Parce que nous avons du nous excuser de l’avoir trop aimé alors qu’il n’était pas déjà né. Parce que nous avons du parfois cacher notre tristesse si grande au fond de verres de vin que nous aurions voulu sans fin.

En décembre, la vie est belle toujours. Parce que nous avons voyagé depuis sept ans au cœur de nos émotions, de joies, de nos peurs, de nos bonheurs, de nos terreurs. Parce que la vie aurait pu s’arrêter là mais qu’elle a continué à nous balloter comme pour nous tester. Parce qu’en fait la vie aura été comme une merveilleuse amie. Elle nous a secoués pour que nous ne nous perdions pas dans ce jeu du faire semblant que nous avions accepté. Elle nous a gâtés en nous offrant d’être les compagnons de voyage de nos trois merveilleux enfants. Elle nous a pourri pour que nous trouvions la force d’être vraiment heureux. La Vie, notre putain d’Amie.

En décembre, la vie est belle toujours. Parce que depuis toutes ces années, j’ai cheminé sur le chemin de la bienveillance et de la gratitude et que je crois sincèrement n’avoir jamais été aussi heureuse de toute ma vie. Parce que l’esprit de Noël est là et que pour un peu je croirais presque de nouveau au Père Noël. Parce que je continue de dire merci tous les jours. Merci à tous ces instants de rien qui sont le tout de mon quotidien.

En décembre, la vie est belle toujours. Et ce week-end n’a pas dérogé à cette merveilleuse vérité.

 

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P.S. : En vrai, je voulais écrire une recette pour P. la maman de la petite fille qui avait toujours trop chaud. En vrai, je crois que j’ai bien fait de laisser parler mon cœur et je reviendrais pour vous raconter une soupe alphabet.

#21 Entre elle et nous

Elle a 17 ans, entre elle et moi ça aura été l’amour fou au premier clapotis qu’elle a fait dans mon ventre.

Elle a 17 ans, entre elle et lui il aura fallu plus de temps mais ça en prend toujours un peu plus quand on se rencontre à 9 et 28 ans.

Je les ai regardé, de loin, il n’avaient pas besoin de moi, ils se sont apprivoisés, reconnus.

Nous avons appris à vivre ensemble tous les 3, doucement, sans peur, avec le simple bonheur du quotidien pour nous guider.

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Quand je repense à ces huit dernières années, je réalise à quel point nous nous aimons, simplement, avec le respect de l’autre, avec la parole comme lien et les rires au quotidien.

Elle grandit vite notre puce et bientôt elle ira vivre sa vie un peu plus loin. Alors il y a un an, on s’est promis des moments encore juste à trois, sans ses frères. Voilà pourquoi, il y a quelques semaines, nous avons fait nos bagages et sur la route du Sud nous sommes partis.

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Marseille a accueilli nos regards curieux, nos jambes vaillantes et infatigables, nos ventres affamés, notre complicité. Marseille c’était le début de nos retrouvailles à trois. Marseille c’était un peu magique.

Nous avons parcouru la ville et les calanques, découvert le superbe MuCEM, admiré le génie du  Corbu, discuté jusqu’au bout de la nuit autour de plats somptueux dans des lieux qui ne l’étaient pas moins.

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Nous sommes rentrés un peu plus conscients de notre amour, un peu émus, un peu plus forts. Et nous avons rêvé à la prochaine fois…

Et chez vous, ça se passe comment avec vos grands ?

 

 

#20 Week-end de bonheur 22/52

 

Ce week-end là aura été un peu particulier puisque nous nous retrouvions seuls, tous les trois, comme au début de notre installation en Bourgogne. C’était grisant de réaliser qu’ils avaient tant grandi, que Nous avions tous grandi, ensemble.

Je ne sais pas comment ça se passe chez vous mais ici les petits éduquent les grands qui éveillent les petits. C’est pas toujours drôle, c’est souvent fatiguant, c’est toujours plein d’amour et on apprend à chaque instant.

Alors pour fêter ça, ce week-end à trois je le voulais plein de douceur et de plaisirs.

Et on a eu tout ça et plus encore …

 

 

 

 

Il y a eu des promenades, des fleurs et des escargots.

Il y a eu notre dîner sur la terrasse.

Il y a eu le lancement du potager et les herbes hautes du jardin.

 

 

 

 

 

 

Et quand il a fallu remonter dans la voiture orange pour rentrer à Lyon, on a mis la musique à fond.

En arrivant, on a bu un coup et on a attendu Fireman qui avait voyagé loin pour voir son meilleur copain.

#19 Et si ça faisait trop

…mais en fait pas tant.

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Et si ça faisait trop d’avoir à gérer nos peurs de Maman, nos peurs des horaires trop contraignants, nos peurs des jours malades, nos heures de ménage en plus, nos  heures de plaisir en sus…

Et si ça faisait trop?

Et si en fait, ça ne faisait jamais trop, juste pas assez.

Pas assez de temps pour faire du sport, pour raffermir, pour mettre du vernis à ses pieds et du rouge à ses mains, pour se parer le temps d’une soirée, pour faire des câlins à ses petits entre le lancement de la lessive du soir et celui des pâtes, pour faire des câlins, des danses langoureuses au coin du feu…
Et si ça ne faisait pas assez entre le temps des câlins du réveil et celui du lâcher à l’école ou à la crèche, et si rien ne faisait assez?
Et ci ça ne faisait pas assez de temps pour vivre !?

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Voilà dix-sept ans, ou bientôt dix-sept ans, que je me pose la question mais ma fille a choisi comme sujet de TPE au sujet du bac, la femme, sa place, celle qu’elle devait être au sein de notre société…
Et force est de constater que j’ai du réfléchir.
A celle que je suis, à celle dont je rêve, à celle que j’envie (en secret)…

Alors je rêve d’être une princesse, SA princesse à lui, MA princesse à moi
Et je rêve de pouvoir être toujours être patiente, bienveillante, généreuse et juste.
Oh oui, je rêve…

Ça fait longtemps, déjà longtemps, que j’ai compris que la perfection n’existe pas mais guess what ?
M’en fous je vais continuer de rêver et les yeux grands ouverts en plus.
Et je vais rajouter : être épanouie, avoir un boulot dont je rêve, faire des rencontres passionnantes, écrire encore et toujours et puis aimer toujours, être trop ; puisque c’est exactement qui je suis.

C’est facile d’écrire tout ça, c’est un tout petit plus compliqué que ça à vivre.
Il y a les jours où la musique à fond dans les écouteurs arrive à chasser toutes les saletés du monde.
Il y en a d’autres où rien ne l’efface.

Et pourtant je n’ai jamais rien trouvé de plus beau que la beauté d’un sourire, d’un ciel bleu, d’une jupe qui vole et du regard plein de désir de mon homme.
Et pourtant je n’ai jamais rien senti de plus fort que l’envie de pousser mon troisième enfant en dehors de moi, jamais rien éprouvé de plus viscéral que la tétée d’un sein, jamais vécu autant qu’en les regardant grandir.
Et pourtant rien ne m’a jamais porté aussi haut que les mots de mon amour d’AmieV, que les mots tendres de mon Amour, que l’Amour tout court.

Et pourtant, il y a ces jours où rien ne tout cela ne compte, ces jours où rien ne vaut la peine d’être fait/vécu, ces jours où c’est toujours trop…

Mais il y a toujours ces lendemains, ces sourires, ces pardons, ces amours, ces instants.
Et juste pour eux parce que je crois en la vie plus fort que tout, je continue, avec bonheur.

Et puis j’ai ré-activé mes listes…
Demain je serais écrivain / compositeur / chanteuse / je saurais dessiner des bonhommes avec des vraies mains / je serais assistante pour architectes / et puis aussi dessinatrice de dinosaures (et mê peut-être de Baymax et d’Iro) / et encore championne suprême du spritz, etc.)

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Et puis, et puis, il faut que je vous dise puisque j’écris toujours en musique, cette fois-ci c’était Faliing Slowly de Glen Hansard version acoustique
Et c’était en pensant à ma Vishnou qui ne me quitte jamais, à ma Sainte Légère Bourguignonne qui m’inspire par sa force de puis le premier jour. Et à ma Sis’ qui croit toujours que c’est moi qui suis sa maman alors qu’elle m’apprend tellement ❤
Les filles, mes femmes de ma Vie, je vous aime. +++

 

#18 Big magic 2/52

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Et vous vous levez un matin, fatiguée, épuisée, totalement démotivée.
Et la seule chose alors dont vous rêveriez serait de vous coucher, cacher, sous la couette.
Plus d’obligations, plus de contraintes, plus d’enfant (juste pour un jour), plus rien.
Juste un cocon.

Et puis finalement non, ils viennent vous claquer sur la joue leurs bisous baveux du matin et, franchement, ça mérite bien l’effort d’un petit pas, d’un second, du troisième et puis, lancée comme vous êtes, vous pouvez bien faire ce qui était écrit sur l’agenda aujourd’hui.

Ah il vous en faut de la force ces matins-là, il en faut de la bienveillance envers sa propre fragilité, il en faut de la foi dans ce qui arrivera.

Mais vous avez déjà fait ça… y croire encore.

Et puis, il y a cette conversation de deux heures avec une amie de toujours dont vous sortez plus belle.
Il y a ensuite ce déjeuner avec cette amie d’hier qui dure autour des verres de vin qui se vident et des coeurs qui s’ouvrent.
Il y a cette communion d’idées, de pensées, cette créativité.

Et il y a le chemin du retour, quand fatigués par leur journée ils vous parlent à toute vitesse, vous embrassent avec ivresse, vous saoulent avec tendresse.
Soudain, tout est clair et tout se mélange.

Clair. Vous êtes leur mère. Et cet amour que vous leur portez et sans aucun doute la plus belle chose dont vous ignoriez même être capable. Et leur présence seule suffit à vous à faire avancer. Et pour eux vous cherchez à être la meilleure version de vous-même, chaque jour.

Mélange. Vous êtes leur mère. Vous êtes une femme. Et l’alchimie des deux est quelque chose que vous pensiez compris dans la donne de départ mais vous réalisez que vous n’en avez pas encore compris tous les codes.

Clair. Vous êtes heureuse souvent parce que finalement vous êtes douée pour ça. Vous êtes dépassée parfois parce que la vie c’est aussi comme ça.

Mélange. Vous rêviez à dix-sept ans de changer le monde, de créer, de devenir chanteuse, écrivain, comédienne. Mais vous avez juste osé dire enfileuse de perles parce que ça faisait rire et que ça ne faisait pas peur. Vous êtes à la presqu’aube des quarante et votre rêve est toujours là. Comment fait-on dans ces cas-là…

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Lumineux. Vous êtes leur mère. Vous êtes une femme. Vous êtes heureuse. Et vous pouvez désormais réaliser tous vos rêves. Parce que la peur vous quitte, pas tout à fait, mais beaucoup. Parce qu’il est écrit que si nous sommes capables d’inventer chaque jour un monde meilleur pour eux. Si nous sommes capables de les aider à déployer leurs ailes. Si nous savons leur dire n’aies pas peur. Il est écrit que si nous savons faire ça c’est parce que nous savons, nous, mère, femme, qui nous sommes. Merveilleuses inventeuses, créatrices, amoureuses, actrices, uneS.

 

J’aurais pu intitulé ce billet Take off comme la chanson de Cocoon qui rythme la cadence de mes doigts sur le clavier. Mais c’est à Elisabeth Gilbert qui j’emprunte son titre. Enjoy les amiEs ce post là, il est pour vous.